Marché carbone et finance biodiversité : ce que cela change (vraiment) pour le Cameroun

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À Douala, le Cameroun a validé des études sur sa préparation au marché carbone et à la finance biodiversité. Concrètement, qu’est-ce que cela signifie pour les citoyens et l’économie ? Décryptage.

Le gouvernement camerounais, avec l’appui du PNUD Cameroun, tient un atelier de validation des analyses sur la finance biodiversité et la préparation du Cameroun au marché carbone à Douala. Cette activité ouverte aujourd’hui s’achèvera vendredi, 27 février 2026, le but étant de permettre au pays d’accéder à des financements innovants liés au climat et à la protection des écosystèmes.

Comme à l’accoutumée, j’ai été invitée à cet autre atelier du PNUD Cameroun. En tant que blogueuse engagée, et membre active et Secre générale de l’association des blogueurs du Cameroun (ABC), la cellule Communication du PNUD a toujours été satisfaite de mes couvertures. Rien de surprenant donc que c’est toujours moi qui soit sollicitée pour les couvertures à Douala…

Bref, je suis arrivée à 8h 45 minutes dans l’enceinte de l’hôtel Onomo de Douala Bonanjo. Habituée des lieux, je me suis directement avancée vers la salle réservée. Quel fut mon plaisir de revoir certains points focaux PNUD tels que Larissa, Aimé Kamga… Et des collègues aussi : DBK, Patrick Pelage, Jordan, Matip… Le décor était déjà au rendez-vous, il ne manquait plus que le début des travaux.

Marché carbone : de quoi parle-t-on exactement ?

J’entends souvent parler de « marché carbone », de « crédits carbone » ou encore de « finance verte ». Mais derrière ces mots techniques se cache une réalité simple :Le Cameroun possède un immense potentiel de séquestration du carbone grâce à ses vastes forêts, ses marécages, ses écosystèmes naturels, et même ses terres dégradées à restaurer.

J’y ai appris que la séquestration du carbone, c’est la capacité d’un écosystème à absorber le CO₂ présent dans l’atmosphère. Ce carbone capté peut être valorisé sous forme de crédits carbone sur un marché international encadré notamment par l’article 6 de l’Accord de Paris.

Autrement dit, protéger ou restaurer nos forêts peut générer des ressources financières. Tu captes ?

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Lire aussi : Financer l’Afrique que nous voulons : carnet de bord d’un atelier stratégique à Douala

Pourquoi cet atelier est stratégique ?

À Douala, les acteurs institutionnels ont examiné deux études majeures :

– L’analyse des politiques et institutions liées à la finance biodiversité

– L’évaluation du niveau de préparation du Cameroun au marché carboneIl ne s’agissait pas encore de mobiliser de l’argent, mais de valider techniquement les bases nécessaires pour être crédible face aux guichets internationaux.

Comme l’a expliqué un responsable ministériel

Il ne s’agit pas de demander des dons. Il s’agit de faire valoir notre potentiel.

C: Badal FOHMOH

12 millions d’hectares à restaurer : une opportunité économique ?

Le Cameroun a identifié 12 millions d’hectares de terres dégradées à restaurer, principalement dans la partie septentrionale du pays. Tu te demandes pourquoi cela est important ? Simplement parce que la restauration capte du carbone, ramène la biodiversité, réinstalle les populations, restaure les ressources en eau, et peut générer des crédits carbone valorisables.

Fait intéressant : la tonne de carbone séquestrée par un paysage restauré peut être plus valorisée que celle issue d’une forêt naturelle. Autrement dit, la dégradation peut devenir une opportunité de transformation. Mais attention : le marché carbone n’est pas automatique.

Pour accéder à ces financements, le Cameroun doit :

– disposer de données scientifiques fiables

– mettre en place un mécanisme solide de coordination institutionnelle

– Éviter les chevauchements entre ministères

– Mettre en place des indicateurs de suivi

– Garantir la transparence

Dans ce sens, un cadre national de facilitation et de suivi a été créé en mai 2024 pour coordonner ces efforts, impliquant notamment les ministères de l’Environnement et des Finances. Car sur le marché carbone, la crédibilité institutionnelle est aussi importante que le potentiel forestier.

Finance biodiversité : au-delà du carbone

L’atelier ne portait pas uniquement sur le carbone. Il s’agissait aussi d’examiner comment intégrer la biodiversité dans les mécanismes de financement public. Parce que la protection des écosystèmes n’est plus seulement une question environnementale. Elle devient un levier économique et la question centrale est donc :Comment transformer la contrainte climatique en opportunité de développement durable ?

Concept depicting the issue of carbon dioxide emissions and its impact on nature in the form of a pond in the shape of a co2 symbol located in a lush forest. 3d rendering.

Ce que cela signifie pour les citoyens

Concrètement, si le processus aboutit :

– Plus de ressources pour restaurer les terres dégradées

– Des projets verts générateurs d’emplois

– Moins de pression sur les forêts naturelles

– Une meilleure résilience face aux changements climatiques

– Un financement du développement moins dépendant de l’aide classique

Mais tout dépendra de la gouvernance.

Le vrai enjeu : coordination et volonté politique

Plusieurs intervenants ont insisté sur un point clé : le succès dépendra de la synergie entre institutions. Le marché carbone n’est pas une simple opportunité financière, c’est un test de maturité institutionnelle.

Le Cameroun possède un immense potentiel de séquestration du carbone. La question n’est donc plus de savoir s’il existe mais plutôt celle de savoir: est-ce que le pays saura-t-il transformer ce potentiel naturel en levier structurant de développement durable ?

L’atelier de Douala marque une étape technique. Le défi, lui, commence maintenant. Et on souhaite qu’il soit surpassé.

Mes salutations vertes !

Badal

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Badal Fohmoh

Journaliste • Autrice • Blogueuse • Militante EMI • Fondatrice de Class Pro

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