Pendant cinq jours, à Toubab Dialaw, face à l’océan, j’ai ralenti pour mieux avancer. Le parcours IMPULSE n’a pas seulement été une formation. Il a été un miroir, un espace de vérité, un laboratoire d’engagement. Et peut-être, surtout, un point de bascule.

L’affiche officielle du programme. C : Fondation de l’innovation pour la démocratie
Il y a des lieux qui vous accueillent. Et d’autres qui vous traversent. Toubab Dialaw fait partie de ceux-là. Entre mer et engagements, cette semaine-là a redéfini ma manière d’agir. Entre ciel, mer et silences habités, j’ai vécu une semaine que je n’oublierai pas. Une semaine où l’on ne vient pas seulement apprendre… mais se rencontrer, se questionner, se déconstruire parfois.

Un aperçu de notre programme entier de cette première immersion. C : Badal FOHMOH
Je suis arrivée là-bas avec mon parcours, mes combats, mes certitudes aussi. Je suis repartie avec des outils, oui. Mais surtout avec des questions plus justes.
Apprendre à se regarder pour mieux agir
Le parcours IMPULSE commence par là : soi. Qui suis-je dans mes engagements ? D’où je parle ? Qu’est-ce que je porte vraiment ? Suis-je consciente de mon privilège ?
À travers des exercices d’introspection, des échanges en binôme, des silences parfois inconfortables, j’ai redécouvert une chose essentielle : on ne transforme pas le monde sans se transformer soi-même. Ma binôme m’a décrite comme quelqu’un « à l’écoute, sensible ». Sur le moment, j’ai souri, pleuré un peu. Puis j’ai compris que c’est aussi une force politique.

Ma binôme (Seynabou) et moi. C : Charlotte
Comprendre les couches invisibles de nos engagements
Un des moments les plus marquants de cette semaine a été notre plongée dans l’approche intersectionnelle. Comprendre que nos réalités ne sont jamais uniques, qu’elles sont traversées par plusieurs identités : genre, handicap, classe sociale, accès au numérique… m’a permis de regarder autrement les inégalités que je combats déjà. Nous avons aussi travaillé avec des outils puissants comme la roue de la confiance, qui m’a amenée à questionner ma place dans les dynamiques collectives : quand est-ce que je fais confiance ? Quand est-ce que je me protège ? Et pourquoi ?
Puis, il y a eu cette exploration des styles de leadership. Là encore, une révélation douce mais forte : mon leadership est celui d’une penseuse. Une posture qui observe, analyse, relie, donne du sens avant d’agir. Longtemps, j’ai cru qu’il fallait être plus visible, plus directive. Aujourd’hui, je comprends que penser en profondeur, écouter et structurer sont aussi des formes puissantes de leadership.

Photo de cet exercice pratique. C : Badal FOHMOH
Décrypter les systèmes, nommer les réalités
Très vite, nous avons plongé dans l’analyse. Comprendre les systèmes d’oppression. Lire les rapports de pouvoir, identifier les narratifs dominants. Chaque matin, des vidéos, des discussions, des regards croisés. Chaque jour, une couche de compréhension en plus, et cette prise de conscience forte : les récits façonnent nos réalités.
Alors, apprendre à construire des narratifs alternatifs, c’est déjà commencer à transformer.
Du “moi” au “nous” : construire ensemble
Nous étions 24, 24 histoires, 12 pays, des luttes différentes, mais des résonances communes. Dans cet espace, j’ai vu ce que signifie vraiment agir collectivement : écouter sans interrompre, accueillir sans juger, construire sans écraser. C’est exigeant, oui. Mais c’est puissant.

Une seance de restitution de groupe. C : Imma
Porter un projet, porter une vision
Au cœur de cette semaine, il y avait aussi mon projet :
Citoyennes 2.0. Un projet qui me tient profondément à cœur. Un projet pour renforcer la participation des femmes en situation de handicap dans l’espace numérique et civique.
Là-bas, je ne l’ai pas seulement présenté. Je l’ai questionné, affiné, confronté à d’autres regards. Et surtout, je l’ai replacé dans une ambition plus grande : créer un espace numérique inclusif, sécurisé et réellement accessible.
Transmettre aussi, ne pas seulement recevoir
Dans ce parcours, j’ai aussi donné. J’ai voulu co-animé une session sur la vérification de l’information et le développement de l’esprit critique, Elisabeth et De laure étaient disponibles pour s’associer à moi.
Un moment profondément aligné avec mon engagement en Éducation aux Médias et à l’Information (EMI).
Parce que former à vérifier, c’est former à résister.
Parce que développer l’esprit critique, c’est déjà faire de la démocratie.
Le temps nous a fait défaut. Cependant, nous avons eu le temps chacune de partager nos expériences lors des open space qui ont pu se tenir.
Une semaine pour semer, des mois pour agir
Ce module 1 s’est terminé. Mais le parcours continue. En octobre, nous nous retrouverons. Entre-temps, des sessions en ligne, des suivis, des avancées concrètes. Ce que nous avons commencé là-bas ne doit pas rester là-bas. Ce que je garde ?
Je garde les regards, les silences, les mots qui bousculent, les astuces qui s’imposent, les histoires vraies, les stratégies réussies, les partages profondément sincères, l’acceptation vraie, la chaleur humaine, les rires aussi. Je garde cette sensation d’avoir été exactement là où je devais être. Et surtout, je garde cette conviction renforcée :
C’est en agissant ensemble, en pensant autrement, et en incluant toutes les voix que nous transformerons nos sociétés.

Quelques photos récapitulatives de la semaine. Montage/C : Badal FOHMOH
Et toi ? Quel combat portes-tu aujourd’hui ? Quel récit as-tu envie de déconstruire… ou de reconstruire ?
Parlons-en ! Écris-moi et construisons ensemble ! Parce que les transformations les plus profondes commencent souvent par une conversation.
Avec gratitude !
Expérience enrichissante, d’après ce que je lis, et ta manière de la décrire nous la fait vraiment vivre. Merci !
J’en ai tellement, mis pas encore prêt à déconstrure ou reconstruire.
Merci, je crois que tu devrais y penser. Et s’il était temps de le faire.
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