IShowSpeed, passeport américain et Afrique sans frontières : quand un influenceur traverse 20 pays en 28 jours et révèle nos propres blocages

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Honnêtement, je ne savais pas qui était cet homme jusqu’à ce que j’entende parler de sa présence au Maroc, où il a été mascotte de la finale de la CAN. Puis une vidéo virale avec Francis Ngannou, et soudain, il était partout. Les réseaux sociaux en feu.

De la CAN au Maroc au vaudou béninois, en passant par l’Afrique australe et l’Afrique de l’Ouest, la tournée africaine d’IShowSpeed interroge : comment un Américain circule-t-il plus librement sur le continent que les Africains eux-mêmes ? Chronique intime et politique sur le tourisme, les visas et l’intégration africaine.

Il y a quelques semaines à peine, le streamer le plus suivi au monde a bouclé sa tournée africaine baptisée “Speed Does Africa”. En 28 jours, il a visité 20 pays africains.

Honnêtement, je ne savais pas qui était cet homme jusqu’à ce que j’entende parler de sa présence au Maroc, où il a été mascotte de la finale de la CAN. Puis une vidéo virale avec Francis Ngannou, et soudain, il était partout. Les réseaux sociaux en feu.

Et là, une question s’est imposée à moi.

Quelle leçon devons-nous en tirer, nous Africains ?

Je ne sais pas si tu te rends compte qu’un Américain a voyagé plus facilement en Afrique que les Africains que nous sommes 😅.

La principale leçon que je retiens de cette tournée, c’est qu’avec son passeport américain, IShowSpeed s’est déplacé sur le continent comme un jeune Camerounais voyagerait entre Douala, Bafoussam et Garoua, sans les tracasseries qui rendent chaque déplacement pénible, incertain, décourageant.

Une expérience inoubliable ?

Peut-être. Ou peut-être pas.

Ce que je sais, c’est qu’un jeune homme est parti des États-Unis d’Amérique pour vivre une expérience à l’autre bout du monde. En moins d’un mois, il a traversé une vingtaine de pays : Angola, Namibie, Zambie, Zimbabwe, Botswana, Eswatini, Mozambique, Afrique du Sud, Rwanda, Éthiopie, Kenya, Ghana, Libéria, Côte d’Ivoire, Bénin, Sénégal, Nigeria, Maroc, Algérie, Égypte…

Résultat : + 3,7 millions d’abonnés sur YouTube, une visibilité mondiale démultipliée et une Afrique montrée autrement.

IShowSpeed a couru avec un guépard, nagé au-dessus de la plus grande chute d’eau d’Afrique, dansé avec des serpents, participé à la finale de la CAN… Bref, la beauté de l’Afrique était de mise, dans tous les sens du terme.

Lire aussi: Afrique et tourisme : pourquoi pas le marketing territorial ?

Un regard qui change

Malgré une mauvaise expérience au Nigeria, le jeune homme est reparti avec de beaux souvenirs et, surtout, avec un regard transformé sur ce « continent africain » que beaucoup d’étrangers continuent de considérer comme un seul pays.

Le plus marquant, à mes yeux, c’est le respect. Il s’est prêté au jeu partout, a respecté les cultures, s’est laissé guider, apprendre, corriger. 😀

Grâce à lui, de nombreux préjugés ont été brisés, pas seulement chez des étrangers, mais aussi entre nous, Africains. Exemple tout simple : le vaudou béninois.
Non, ce n’est pas une secte. C’est une philosophie ancestrale. Je le savais. Mais beaucoup l’ont compris grâce à son live au Bénin 😅.

Et pendant ce temps, chez nous ?

Comme IShowSpeed, ils sont nombreux, ces créateurs et influenceurs africains, notamment au Cameroun, qui se battent pour faire émerger le tourisme : Travel Cameroon, Loïc Abondo, Visiter le Cameroun, The tourist guide…

Mais une question demeure :
que fait l’État pour faciliter l’accès à ce secteur ? Je le rappelle : IShowSpeed n’a visité aucun pays d’Afrique centrale pour l’instant.

Et si on parlait d’intégration ?

Récemment, je disais à une amie que Douala – Paris est souvent plus simple et parfois moins cher que Douala -Lusaka. Pour voyager dans plusieurs pays africains, même pour le travail ou le tourisme, le visa reste un obstacle permanent, là où un passeport américain ouvre presque toutes les portes.

L’Afrique est la région du monde où il est le plus difficile de voyager pour ses propres habitants. On se plaint d’une diaspora qui revient peu, mais on ferme la porte à nos propres talents. On parle de souveraineté, mais la souveraineté commence par l’intégration. Les visas interafricains, ce n’est pas un luxe, c’est la base.

Dans la plupart des pays visités, IShowSpeed entrait sans visa ou obtenait un e-visa simple et rapide. Certes, il avait une équipe, une organisation, probablement des appuis diplomatiques. Mais ma question demeure : pourquoi cette facilité n’est-elle pas offerte à nos jeunes, nos entrepreneurs, nos artistes, nos commerçants, nos créateurs de richesses ?

Nos pays doivent offrir ces mêmes opportunités.
Et alors, nous verrons à quel point nos enfants aussi ont du génie. Je crois profondément qu’en facilitant l’accès commun à nos territoires, le continent évoluera de manière exponentielle.

Et vous, trouvez-vous normal qu’un passeport étranger ouvre plus de portes en Afrique qu’un passeport africain ? L’intégration du continent peut-elle exister sans liberté de circulation ?

Partages ton point de vue en commentaire et ouvrons le débat.

Avec tout mon amour,

Badal.

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Badal Fohmoh

Journaliste • Autrice • Blogueuse • Militante EMI • Fondatrice de Class Pro

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8 mois il y a

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