C’est la rentrée sportive

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Je suis rentrée avec un goût d'inachevé du stade. L’histoire et la mémoire des clubs doivent-elles compter dans l’organisation du calendrier en Élite Two.

Rentrée sportive en Élite Two : du derby Union – Astres à 13h30 au chaos Bamboutos – Avion, chronique d’un football en quête de respect.

Entre retrouvailles au stade, chocs émotionnels et désillusions organisationnelles, je te raconte une journée de football camerounais où la passion résiste, mais où l’histoire et la mémoire des clubs semblent parfois reléguées au second plan.

Toute excitée à l’idée de reprendre le chemin des stades, je me suis préparée pour être à l’heure. Et qui dit à l’heure, dit premières places au rayon des médias. C’était un plaisir de revoir mes collègues : Junick, Ladonette, Esther, Ulrich, Wilfried, Christelle…

Un selfie de Junick et moi. C : Badal FOHMOH

Sinon, j’ai quand-même été surprise de voir à l’affiche Union Sportive et Astres de Douala programmer pour une rencontre à 13h 30 minutes. Je me suis posée énormément de questions : est-ce parce qu’elles sont reléguées en Élite two ? Est-ce parce qu’il faut ramener du monde au stade ? Pourquoi les programmer comme de simples figurants du calendrier ? Est-ce une méconnaissance ou une ignorance consciente de l’histoire de notre football ?

Union, ce n’est pas un club ordinaire

C’est un monument, un pilier, une mémoire vivante du football camerounais.
Avant les projecteurs, avant les stratégies marketing et les clubs éphémères, Union écrivait déjà les plus belles pages de notre sport. Des générations ont vibré pour ce maillot vert et blanc. Des légendes y sont nées. Des derbys y ont forgé des passions.

Et comment parler de l’Union sans évoquer Union – Astres ? Ce n’est pas un simple match. C’est un derby régional, une confrontation chargée d’histoire, d’orgueil et d’émotions. Un match qui mérite l’affiche, l’heure de grande écoute, le respect dû aux grandes institutions. Pendant ce temps, à 15h 30, l’horaire noble, celui où les stades respirent et où le public afflue, on programme deux équipes sans passé glorieux, sans âme, sans héritage concret. Des clubs sans histoire, des no name, propulsés par les circonstances mais dénués de racines profondes. Le football ne se résume pas à l’actualité immédiate. Je crois profondément qu’il est fait de mémoire, de symboles et de reconnaissance.

Reléguer un derby Union – Astres à une horaire secondaire, c’est reléguer une partie de notre patrimoine sportif. Ces clubs méritent mieux : ils méritent du respect, de la considération. Ils méritent qu’on honore ce qu’ils représentent pour notre football. Car manquer de respect à l’histoire, c’est l’avenir du football lui-même que l’on fragilise.

Bref…

L’affiche de cette première journée MTN Elite two. C : Fecafoot

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Derby de Douala : l’histoire reléguée à 13h30

Pour la première fois, j’ai assisté au derby entre Union Sportive de Douala et Astres de Douala, dans une rencontre d’Elite two. La vie peut être injuste, la dernière fois que j’ai couvert ce derby, les deux équipes évoluaient encore en Elite One. C’était il y a juste quelques mois.

Très attendu, ce choc entre les unionistes et les Brésiliens de Bepanda, récemment relégués en élite two s’est disputé dans un stade de Bepanda des grands soirs; plein jusqu’aux derniers rangs. Mieux ancrés dans la rencontre que leurs adversaires, les Nassaras Gamakaï ont rapidement trouvé les filets adverses à la 12e minute de jeu, grâce à un centre de Antagana.

Les Astres ont également cherché l’ouverture du score sans succès. Au retour des vestiaires, les hommes de Gabriel Zabo se sont montrés plus entreprenants, multipliant les offensives. Ce visage leur a souri si bien qu’à la 50e minute, Tchoyi est revenu au score après une action initiée par Ahmed Shepeh, repoussée une première fois par le gardien adverse.

Galvanisés par cette égalisation, les Astres ont continué de pousser et se sont procuré une énorme occasion à la 62ᵉ minute, sans parvenir à faire la différence. La fin de la rencontre est restée engagée, marquée par de nombreux duels et une forte intensité, mais aucune des deux équipes n’a réussi à prendre l’ascendant.

Au coup de sifflet final, Union sportive de Douala et Astres de Douala se partagent les points. Un résultat nul logique qui lance la saison dans le groupe A et confirme que le derby de Douala restera, cette année encore, l’un des rendez-vous majeurs de l’Élite Two.

Une photo des joueurs de Astres FC, à leur égalisation. C : Badal FOHMOH

Bamboutos – Avion : un match qui n’aurait peut-être jamais dû commencer

Au stade annexe de Bepanda, la rencontre entre Bamboutos FC de Mbouda et Avion FC n’est pas allée à son terme, offrant un scénario aussi inédit qu’embarrassant.

Malgré une situation administrative non totalement régularisée, le coup d’envoi a bel et bien été donné. Bamboutos s’est présenté sur la pelouse avec seulement huit joueurs disposant de licences valides et sans entraîneur ni staff technique officiel. Une situation qui a conduit, pendant quelques minutes, le kinésithérapeute du club à assurer le rôle de coach depuis le banc de touche, symbole du désordre ambiant.

La rencontre a ensuite basculé. En cours de jeu, deux joueurs de Bamboutos, Koupit Mani et Dipanda, ont été victimes de blessures. Après avis médical, ils ont été déclarés inaptes à poursuivre la partie. L’équipe de Mbouda s’est alors retrouvée avec un effectif insuffisant pour continuer, un match de football ne pouvant se jouer avec moins de huit joueurs.

Face à cette situation, l’arbitre n’a eu d’autre choix que de suspendre définitivement la rencontre. Une décision logique sur le plan réglementaire, mais qui laisse un goût amer aux supporters et aux acteurs du football local.

Une image des joueurs de Bamboutos au début de la rencontre. C : Badal FOHMOH

Ces scènes inhabituelles traduisent un début de saison particulièrement houleux en Élite Two, soulevant de nombreuses interrogations. Le match sera-t-il reprogrammé ou Bamboutos FC de Mbouda s’exposera-t-il à une défaite sur tapis vert ? La réponse est désormais attendue du côté de la commission d’homologation des matchs, appelée à trancher ce dossier sensible.

Je suis rentrée avec un goût d’inachevé du stade. L’histoire et la mémoire des clubs doivent-elles compter dans l’organisation du calendrier en Élite Two ?

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Avec toute ma passion,
Badal !

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Badal Fohmoh

Journaliste • Autrice • Blogueuse • Militante EMI • Fondatrice de Class Pro

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7 mois il y a

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