Mama Coco, ou la prière d’un geste

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Changer le monde ne commence jamais par une foule. Cela commence toujours par un seul geste.

En ce dimanche matin, alors que le monde ralentit et que les cœurs cherchent le sens, certaines vies deviennent des psaumes vivants. Il y a des dimanches qui ne demandent pas de grands sermons. Des dimanches où une histoire suffit, une présence, un geste… Ce matin-ci, je pense à Mama Coco.

Nous entrons officiellement en fevrier ce matin. Je me suis levée pleine de gratitude envers le Seigneur. Je ne sais pas comment il s’appelle dans ta religion mais sache que je lui suis très reconnaissant. Et rien de mieux que de lui chanter des louanges ce jour qui lui est entièrement dédié. Pour lui remercier, lui parler plus que les jours précédents…

D’ailleurs, en début d’année, j’ai rédigé une lettre pour toutes ces personnes qui sont restées à mes côtés. Et lui en premier, il était toujours là, constant, bienveillant, patient, protecteur.

Lire aussi : Ma lettre à celles et ceux qui ont marché avec moi en 2025

Quand l’amour cesse d’être un mot

Je n’ai pas rencontré Mama Coco dans le vacarme des titres ou dans l’agitation des projecteurs. Je l’ai rencontrée dans ce silence particulier qui accompagne les actes vrais, ce silence qui ressemble à une prière. Mama Coco de son vrai nom MAKAMGUE MARIE NICAISE, ne parle pas de paix pour être entendue. Elle la pratique, comme on pratique la foi : chaque jour, sans condition, sans retour attendu. Son message est d’une simplicité désarmante :

« Arrêtons de détruire les autres pour exister. Oublions le “moi”. La main qui partage sans dire « c’est moi » reçoit toujours davantage.« 

Ce message, elle l’a porté jusqu’à New York, sur une chaîne de télévision. Mais il reste profondément enraciné là où la douleur est ancienne : en Afrique, et particulièrement au Congo-Kinshasa, meurtri par plus de trente années de violences, d’instabilité et de silences imposés.

Mama Coco aus États-Unis. C : Mama Coco

Mama Coco dit NON à la guerre. Et surtout, elle dit OUI à l’unité, une promesse d’enfant devenue chemin de vie.

Tout commence par une phrase que l’on pourrait croire anodine.Une parole d’enfance, presque innocente :

« Si un jour j’ai de quoi me brosser les dents, je ferai un geste pour mon prochain. »

Cette phrase est devenue une vocation, une ligne droite dans un monde de détours. Depuis plus de dix-sept ans, Mama Coco vit une foi incarnée, une foi qui marche, qui porte, qui soigne. Sa vie tient en trois verbes simples, mais exigeants : aimer, donner, servir. Pas pour être vue, mais parce que l’amour qui ne se donne pas s’étiole.

C : Mama Coco

Un Geste Divin, au sens le plus humain

En 2023, naît l’Association Internationale Un Geste Divin (AISBL), basée en Belgique et officiellement reconnue en 2024. Pour Mama Coco, ce n’est pas une structure de plus, mais un prolongement naturel de sa mission. Aujourd’hui, l’association agit dans plusieurs pays d’Afrique, d’Europe et d’Asie. À Goma, dans l’Est de la RDC, la présence est constante auprès des déplacés de guerre, des orphelins, des veuves, des enfants autistes ou drépanocytaires, des personnes vivant avec un handicap ou l’albinisme.

Ici, l’humanitaire n’est pas une vitrine, c’est une fidélité. Des écoles, des forages, des centres d’accueil, des formations, des espaces de sport et d’écoute… Chaque action est pensée comme une réponse digne à une souffrance réelle. Mama Coco le rappelle avec douceur :« On n’a pas besoin d’avoir beaucoup pour donner. Ce qui compte, c’est l’amour qui accompagne le geste. »

Quand la prière devient action

En janvier 2026, Mama Coco conduit une caravane internationale de paix aux États-Unis. De Washington à New York, jusqu’à l’Organisation des Nations Unies, des mémorandums sont déposés pour plaider la paix dans l’Est de la RDC. À Manhattan, à l’ONU, elle est reçue avec la diaspora congolaise, le geste est fort, historique. Mais surtout cohérent. Une diplomatie du cœur, qui n’oppose pas la foi à l’action, mais les réconcilie.

Mama Coco est aussi prophétesse, chantre, auteure, poétesse, coach de vie. Elle forme des femmes au leadership et à l’entrepreneuriat, convaincue que l’émancipation commence par la confiance retrouvée. Sa conviction est claire : la foi sans action est stérile.

C : Mama Coco

En ce dimanche, jour de prière et de repos, Mama Coco me rappelle une vérité essentielle : l’humanité commence là où quelqu’un choisit d’agir pour l’autre. Chez les Pygmées, dans les orphelinats, auprès des femmes battues, des déplacés de guerre ou des jeunes déscolarisés, elle offre la même présence, la même écoute, le même respect. Sans hiérarchie de douleurs, sans bruit, sans attente.

Changer le monde ne commence jamais par une foule. Cela commence toujours par un seul geste.

En ce dimanche matin, ne t’arrête pas à l’émotiona, parle de la paix autour de toi. Soutiens, à ta mesure, celles et ceux qui transforment la foi en actes. Et surtout, pose aujourd’hui ton propre Geste Divin, aussi simple soit-il.

Parce que l’amour qui circule guérit, parce que l’union fait la force. Et parce que le monde n’a jamais eu autant besoin de gestes habités.

Alors, tu partages ou bien tu partages ?

Avec toute mon affection,

Badal

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Badal Fohmoh

Journaliste • Autrice • Blogueuse • Militante EMI • Fondatrice de Class Pro

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