À l’orée de 2026, après une année fondatrice, je reviens dans cette lettre intime sur une année fondatrice: 2025. Entre engagements féministes, structuration de Class Pro, responsabilités collectives, reconnaissance professionnelle et choix personnels, je te raconte le moment précis où j’ai cessé de douter de la légitimité de mes combats et ouvert un nouvel espace d’écriture : ce site personnel.
Ce billet n’est ni un bilan, ni un rapport. C’est une lettre, une trace, une respiration.
2025, je te devais une lettre
Pas un bilan, pas un rapport d’activités, pas une liste de performances, une lettre. Parce que tu n’as pas seulement été une année productive, tu as été fondatrice. 2025 est l’année où j’ai cessé de douter de la légitimité de mes combats, de ne plus demander la permission d’exister. En 2025, j’ai lancé un programme féministe qui me tenait profondément à cœur. Je l’ai porté, défendu, présenté lors d’un forum régional. Et pour la première fois, je n’ai pas douté. Je savais pourquoi je le faisais, je savais pour qui je le faisais. Ce moment a marqué un basculement intérieur : celui où l’on cesse de s’excuser d’exister dans ses engagements.

Quelques images de mon stand à un forum regional. C: Ingrid/Badal Fohmoh
Class Pro, d’une intuition à un socle
Class Pro a enfin obtenu ses papiers légaux. Un détail administratif pour certains. Pour moi, un socle, une reconnaissance officielle, une stabilité. Une fondation sur laquelle bâtir sans craindre l’effondrement. Class Pro n’est plus seulement une énergie militante, c’est une structure. Et aujourd’hui, un réseau présent dans plusieurs pays africains (Sénégal, Burkina Faso, Niger, Mali, Côte d’Ivoire, Bénin, Burundi et Haïti).
Continuer à croire à l’EMI comme outil d’émancipation
Cette année, j’ai rejoint le réseau UNESCO MILCLICKS. Un espace exigeant, stimulant, rassurant aussi. Il m’a rappelé une chose essentielle : je ne suis pas seule. Je ne suis pas seule à croire que l’éducation aux médias et à l’information peut transformer des trajectoires, ouvrir des consciences, réparer des fractures démocratiques. J’ai formé des centaines de personnes, des jeunes, des femmes, des acteurs engagés. Et à chaque regard qui s’éclaire, je me souviens pourquoi j’ai choisi ce chemin.
Lire, écrire, respirer
J’ai lu 14 livres cette année. Huit de plus que l’an dernier. Non par défi.Mais parce que lire, pour moi, n’est pas une performance. C’est une respiration, une manière de rester vivante intellectuellement, une façon de ne pas céder au bruit.
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Après Mondoblog, l’écriture continue
Mondoblog, cet espace qui a vu naître une grande partie de mes mots a fermé ses portes. Ce n’est pas une fin brutale, c’est une transition. Alors j’ai créé cet espace-ci www.badalfohmoh.com
Un lieu à moi, libre. Un lieu pour continuer à écrire sans disparaître, pour garder une trace, pour rester fidèle à l’impact, à l’engagement, à la parole située. Si tu me lis ici, c’est que le fil n’a pas été rompu. Il a simplement changé de forme.

C: BYB Images
Servir, encore. Autrement
En 2025, j’ai été élue sécrétaire générale de l’Association des Blogueurs du Cameroun (ABC). J’y ai été secrétaire générale adjointe de 2021 à 2023. J’y ai appris la rigueur collective, la patience organisationnelle, la responsabilité envers les autres. Cette réélection est une continuité, un engagement renouvelé envers une communauté qui m’a construite autant que je l’ai servie.
Nommer les réussites sans trembler et voyager pour comprendre
J’ai rendu mes proches fiers. Et cela vaut plus que bien des lignes de CV. 2025 m’a aussi surprise : j’ai signé mon premier contrat à sept chiffres. Je l’écris sans arrogance, mais sans fausse modestie. Parce que le travail mérite d’être nommé. J’ai aussi voyagé, j’ai parcouru des pays. Pas pour fuir ou pour m’échapper, mais pour apprendre. J’ai clôturé l’année par une immersion professionnelle à Lille. Un temps exigeant, structurant. Je me suis aussi lancée dans la création de contenus vidéo. Moi qui ai longtemps préféré l’ombre du texte, encore un pas hors de ma zone de confort.
En 2025, j’ai aussi dit non. Non pour protéger l’essentiel. 2025, ce n’est pas qu’une suite de réussites visibles. C’est aussi toutes les fois où j’ai dit non. Quand ça ne respectait pas mes valeurs, quand cela dépassait mes capacités. Je me suis autorisée à être faible, sans honte, sans justification. J’ai protégé ma paix, ma santé mentale, ma vie intérieure. J’ai terminé mon livre, un cycle qui se ferme, une voix qui s’assume.
Je reste profondément reconnaissante pour mon entourage, pour les mains tendues, pour les silences qui m’ont protégée.
Et surtout, je rends grâce à Dieu. Il m’a soutenue, fortifiée et bénie. J’espère toujours de Lui.
2026, je ne suis pas pressée, mais je suis prête.
Avec tout mon amour et ma gratitude,
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