Fake news : comment j’ai appris à des étudiants camerounais à ne plus se faire manipuler

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L'invitation venait de l'équipe de l'IFC, dans le cadre des Journées d'orientation Campus France, ces journées pensées pour accompagner des étudiants camerounais en pleine réflexion sur leur avenir académique.

À l’heure où l’information circule plus vite que la vérité, savoir distinguer le vrai du faux est devenu une compétence citoyenne fondamentale. Le 28 avril, j’animais un atelier sur la reconnaissance des fake news à l’Institut Français du Cameroun de Douala, dans le cadre des Journées d’orientation Campus France. Retour sur une session qui m’a confirmé l’urgence de ce travail.

Une invitation qui fait sens

Le 28 avril dernier, j’étais à l’Institut Français du Cameroun de Douala (IFC)pour animer un atelier sur un sujet qui me tient profondément à cœur : comment reconnaître une fake news et développer son esprit critique face à l’information numérique. L’invitation venait de l’équipe de l’IFC, dans le cadre des Journées d’orientation Campus France, ces journées pensées pour accompagner des étudiants camerounais en pleine réflexion sur leur avenir académique. Un public jeune, curieux, en pleine transition. Exactement le type de public avec lequel j’aime travailler.

Programme des journées d’orientation à Douala. C : IFC

Une salle pleine, des regards qui interrogent

En entrant dans l’espace, j’ai été frappée par la concentration qui régnait. Des dizaines d’étudiants, carnets en main pour certains, téléphones posés sur les genoux pour d’autres. Des regards qui attendaient quelque chose de concret, pas un cours magistral de plus. J’ai donc commencé par une question simple : « Qui ici a déjà partagé une information qui s’est révélée fausse ? » Le silence a précédé quelques mains levées timides. Et c’est là que la conversation a vraiment commencé.

Photos d’étudiants concentrés. C : IFC

Désinformation : comprendre pour mieux résister

En 1h30, nous avons traversé ensemble les mécanismes de la désinformation après avoir faire une différence entre désinformation, mésinformation et malinformation. Nous avons analysé pourquoi les fausses informations se propagent plus vite que les vraies, comment nos émotions sont instrumentalisées, et surtout, comment reprendre le contrôle. J’ai partagé la méthode SIFT (Stop, Investigate, Find, Trace), que j’utilise moi-même dans mon travail de fact-checking au sein de Class Pro. Une méthode simple, mémorisable, applicable en quelques minutes depuis n’importe quel téléphone.

Des outils concrets pour vérifier l’information

Nous avons ensuite exploré des ressources accessibles à tous : Google lens pour retrouver l’origine d’une image, AFP Factuel pour vérifier des affirmations en français, TinEye pour remonter à la source d’une image, InVID pour analyser une vidéo suspecte. Et nous avons terminé par un volet essentiel : comment identifier des sources fiables, et pourquoi les IA génératives comme ChatGPT peuvent inventer des références sans le moindre avertissement. Ce n’est pas de la science-fiction, c’est le quotidien numérique de toute une génération.

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Ce qui m’a confirmé l’urgence de ce travail

L’intervention a été chaleureusement accueillie. Ces retours résonnent en moi, pas par vanité, mais parce qu’ils confirment quelque chose que je crois profondément : l’éducation aux médias n’est pas un luxe. C’est une compétence de survie dans le monde d’aujourd’hui. Ces étudiants en pleine construction de leur parcours vont naviguer dans un écosystème informationnel de plus en plus dense et rapide. Savoir trier, vérifier, douter avec méthode, c’est l’un des meilleurs bagages qu’on puisse leur donner aujourd’hui.

Petite capture de mon intervention . C : IFC

Je suis repartie de cette journée avec de l’énergie et une conviction renouvelée. Ce travail de terrain, c’est le cœur de ce que je fais avec Class Pro. Et tant qu’il y a des salles pleines et des regards qui cherchent, je continuerai à me lever pour y répondre.

À retenir : les 3 réflexes anti-fake news

Avant de partager une information, posez-vous ces trois questions :

1- Est-ce que je sais d’où ça vient ?

2- Est-ce que d’autres sources fiables le confirment ?

3- Ai-je pris 2 minutes pour vérifier avant de partager ?

Parce qu’à la fin, plus on partage des informations vérifiées, plus on réduit les chances de survie de la désinformation.

Avec tout mon esprit critique, Badal.

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Badal Fohmoh

Journaliste • Autrice • Blogueuse • Militante EMI • Fondatrice de Class Pro

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