Mardi dernier, l’Institut Français du Cameroun s’est transformé, le temps d’une ouverture, en carrefour d’idées entre blogueurs, médecins et décideurs publics.
La 5ᵉ édition du 237 Bloggers Summit, portée par l’Association des Blogueurs du Cameroun (ABC), a choisi de parler de nous, de notre santé, de nos silences aussi face à la maladie. Robe, talons, plusieurs heures debout et une salle pleine de convictions : je vous raconte.
Un thème qui me concerne, à plus d’un titre
Je dois te l’avouer : quand j’ai vu passer le thème de cette édition, « Blogging et santé : situation, promotion et opportunités au Cameroun », j’ai eu ce petit pincement familier. Celui qui me traverse chaque fois qu’un sujet touche à la fois à ma casquette de blogueuse et à quelque chose de plus intime, de plus humain. Parce qu’au fond, la santé, ce n’est jamais un sujet abstrait. C’est nos familles, nos silences, nos automédications discrètes, nos peurs qu’on n’ose pas nommer.

Petite capture prise lors du discours du président de l’ABC. C : ABC
Lire aussi : Cameroun : les médias au cœur de l’éducation à la santé
L’ouverture a été marquée par l’intervention d’Omgba Denis, représentant le ministre de la Communication, qui a rappelé combien les créateurs de contenus sont devenus des relais incontournables entre les institutions et la population. Une phrase qui résonne particulièrement pour moi, moi qui passe mes journées à essayer de faire de l’information un pont, et non un mur.
Robe, talons, et la SG toujours debout
Petite parenthèse assumée : j’ai blagué sur les réseaux en disant que la preuve était là, photos à l’appui. Et que mes amis devraient m’adresser des félicitations pour avoir mis une robe et des talons. Surpris ? Ne le sois pas, je porte ce genre d’accouchement très difficilement. rRobe présente, talons présents, et la Secrétaire Générale de l’Association des Blogueurs du Cameroun toujours debout après plusieurs heures de sommet, mention spéciale à mes pieds, on en reparlera.

Une photo de moi prise ce jour. C: Badal FOHMOH
Mais au-delà de la boutade, ce qui m’a vraiment rendue fière ce jour-là, c’est cette salle. Des médecins qu’on ne voit jamais sur les plateaux, d’autres qui cartonnent déjà en ligne, des institutions venues écouter, et des curieux venus comprendre. Tout ce beau monde réuni autour d’une question simple mais essentielle : comment le blogging peut-il mieux servir la santé au Cameroun ?
Le paludisme, cette maladie qu’on connaît trop bien
Ce qui m’a le plus marquée dans les interventions de cette journée, c’est la communication d’Oumara Garga, chef d’unité TIC du Programme National de Lutte contre le Paludisme. Le tableau qu’il a dressé m’a rappelé à quel point on banalise cette maladie chez nous. Le Cameroun reste parmi les onze pays les plus touchés au monde, et en 2025, le paludisme représentait plus d’un quart des consultations dans nos formations sanitaires. Près de 2,9 millions de cas confirmés. Et malgré les progrès sur la mortalité, cette maladie continue de faucher des vies, surtout chez les tout-petits.
Pour le PNLP, nous, les blogueurs, avons un rôle à jouer : relayer les messages de prévention, parler des moustiquaires imprégnées, encourager le dépistage précoce, orienter vers les structures de santé. Rien que ça me rappelle pourquoi je fais ce métier.

Photo prise lors de la présentation du responsable PNP. C : ABC
Arrêtons l’automédication, plaide un pédiatre
Le Dr Patrick Ngou, pédiatre à l’Hôpital Général de Yaoundé, a lancé un appel qui m’a interpellée directement. Face à la déferlante de fausses informations sur les réseaux, il nous a exhortés, nous les blogueurs, à privilégier les sources scientifiques et médicales fiables plutôt que de relayer n’importe quoi. Et surtout, à encourager les gens à consulter dès les premiers symptômes, au lieu de se soigner seuls dans leur coin. Ça me touche parce que je sais combien, chez nous, l’automédication est presque une habitude culturelle.

Une présentation du Dr Patrick Ngou. C: ABC
Un livre échangé, un engagement partagé
Ce sommet a aussi été l’occasion de petits moments qui comptent autant que les grandes tables rondes. J’ai offert Blogueuse et debout à Fabrice Bwamou, Vice-président de l’ABC et designer graphique avec qui je collabore depuis un moment déjà. Derrière les visuels de #JeunesVoixCritiques, du #PreSALEMI2026 et bientôt du #SALEMI2026, il y a son regard, son talent et sa créativité. En retour, il m’a offert son livre Créer des visuels qui vendent, avec une dédicace qui m’a beaucoup touchée. Entre auteurs, compagnons d’engagement et de création, certains livres sont aussi une manière de dire merci pour tout ce qu’on construit ensemble.

Peyite photo prise avec son livre Cr
Ce que je retiens
Au-delà des chiffres et des interventions, cette 5ᵉ édition confirme une chose que je porte depuis longtemps : nous, blogueurs, ne sommes pas de simples créateurs de contenus. Nous pouvons devenir des acteurs engagés dans les grandes causes nationales. Quand le numérique est utilisé avec responsabilité, il devient un formidable outil de prévention, d’éducation et de mobilisation citoyenne.
Et moi, entre mes talons fatigués et ma fierté intacte, je suis repartie de ce sommet avec une conviction renforcée : notre plume a un rôle à jouer, même et surtout sur des sujets aussi vitaux que la santé.
Fièrement vôtre,